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• Depuis 40 ans, des millions de tonnes de solvants chlorés, ont été rejetés, déversés, enterrés ou se sont infiltrés dans le sol et l'eau de l'Amérique du Nord.
• La biorestauration consiste à utiliser des organismes vivants pour nettoyer les sols et les eaux contaminés.
• Une technologie de biorestauration développée par le CNRC (IRB-CNRC), a obtenu, au Canada, un des premiers prix du concours « Dossier commercial du CNRC ».
Les solvants chlorés sont largement utilisés dans l’industrie mondiale ; de l'automobile jusqu'aux semi-conducteurs ou le nettoyage textile. Le problème est leur toxicité. Et il est de taille : 150 000 sites sont contaminés aux États-Unis et des milliers d'autres au Canada. Des chercheurs canadiens (Institut de recherche en biotechnologie du CNRC) ont imaginé une solution contre la pollution terrestre et aquatique par les solvants chlorés : les convertir en inoffensifs sels chlorés, dioxyde de carbone et eau grâce à une technique brevetée de biorestauration.
La biorestauration exploite la gamme étonnamment diverse des bactéries de la terre qui dégradent n'importe lequel des polluants, même les solvants chlorés. La technique du IRB est fondée – c’est d’ailleurs la nouveauté sur ce marché qui n’employait qu’un type de bactérie –, sur un principe « deux en un » avec bactéries aérobies (qui utilisent de l'oxygène ) et/ou anaérobies (sans oxygène). « Notre technologie est basée sur le fait que les micro-organismes aérobies et anaérobies peuvent croître ensemble dans un seul et même habitat naturel, comme des biogranules » explique M. Serge Guiot, chef du groupe de bio-ingénierie environnementale de l'IRB-CNRC.
L'équipe de M. Guiot a découvert que ces granules (agrégations microscopiques de bactéries naturelles) fournissent un environnement idéal pour ces deux types de bactéries. Les bactéries aérobies vivent sur la surface riche en oxygène du granulé, tandis que les bactéries anaérobies vivent dans le coeur, où il y n'a pas d'oxygène. Les bactéries anaérobies commencent à décomposer les solvants chlorés et les bactéries aérobies finissent le travail en digérant les sous-produits du travail de leurs cousines. Les seuls sous-produits de cette digestion commune sont des composés inoffensifs.
La technologie du CNRC stimule cette biodégradation naturelle en utilisant l'électrolyse de l'eau pour alimenter les diverses bactéries en oxygène et en hydrogène. La technologie a démontré que ces techniques réduisent la contamination « chlorée » à des niveaux inférieurs à ceux prescrits dans les règlementations. L'équipe du CNRC est en négociation de concessions de licence avec deux sociétés canadiennes d'assainissement environnemental. Une fois sur le marché de la biorestauration, M. Guiot croit que cette technologie trouvera rapidement sa propre niche de croissance et pourrait atteindre, aux É.-U. seulement, le milliard de dollars d'ici 2010.
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Domestiquer les bactéries pour combattre la pollution
Biorestauration
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