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• Réunir des artisans malgaches au sein d’une coopérative de commerce équitable: un projet qui devrait voir le jour en 2007.
• Mais le concept de commerce équitable n’est pas clair pour tout le monde à Madagascar.
• Sans partenaire au Nord, c'est le parcours du combattant !
Connue pour la dextérité de ses artisans, étape systématique de quantité de tour-opérateurs, la petite bourgade d’Ambositra, située sur les hautes-terres malgaches, ne rêve pourtant même pas de prospérité. Malgré ses ressources naturelles, Madagascar compte parmi les vingt pays les plus pauvres de la planète et dans cette région, l’artisanat constitue 80% de l’activité économique. Un artisanat particulièrement axé sur le travail du bois et de la marqueterie, mais aussi de la soie et du papier antemoro. Mais un artisanat où l'on reste pauvre...
Afin de permettre aux artisans d’accroître leur niveau de vie et de moins dépendre des marges des magasins qui vivent du tourisme, Eva Hassambay, une entrepreneure locale, a décidé de présenter un projet de commerce équitable dans ce domaine. « Nous souhaitons réunir tous ces artisans au cœur d’une coopérative, créer une structure propre et construire une sorte de village de l’artisanat où les touristes pourraient acheter directement les créations aux artisans et non plus seulement dans les magasins qui prennent une marge importante sur ces objets ».
Eva sert de lien entre les artisans, majoritairement illettrés et les instances publiques. Mais elle éprouve des difficultés à élaborer un projet de commerce équitable sans partenaire sur lequel s’appuyer. « J’ai entendu parler du commerce équitable grâce à des associations américaines qui travaillent sur des projets de développement durable dans les campagnes, notamment dans le domaine de la soie, et je me suis dit que cela pouvait être intéressant pour les artisans d’Ambositra », explique-t-elle.
Une situation que confirme Samuel Poos, directeur du Fair Trade Center belge : « Il est effectivement très difficile de démarrer un projet de commerce équitable qui ne soit pas rattaché à une coupole internationale ou qui n’ait pas de relais dans le Nord, explique-t-il avant de poursuivre sur une note d'espoir : aujourd’hui, des plates-formes régionales se développent et permettent de créer des synergies Sud-Sud. Pour l’instant, cela fonctionne surtout bien en Asie, car il y a un marché potentiel. Car il faut une classe moyenne pour acheter ces produits ! Reste ensuite toujours le problème de sensibilisation des consommateurs au commerce équitable ».
Si la plupart des artisans se réjouissent de la possibilité de vendre directement leurs créations sans devoir compter sur des intermédiaires, d’autres redoutent le mécontentement des commerçants qui sont actuellement leurs seuls partenaires. C’est le cas de Patrick, qui fabrique le fameux papier antemoro, un papier noble, spécialité malgache. Il n’envisage pas véritablement d’arrêter de vendre ses produits aux magasins, même s’il a la possibilité de se passer d’intermédiaire. En revanche, Léonard, marqueteur, compte véritablement sur ce projet, car les magasins vendent ses objets quatre à cinq fois plus chers que le prix d’achat.
Malgré les bonnes volontés et l’énergie consacrée, un tel projet risque tout simplement de ne pas être viable sans aide extérieure permettant d’une part de définir clairement le projet selon les règles du commerce équitable et d’autre part de forger des partenariats solides (régionaux ou internationaux) sur lesquels le projet pourrait s’appuyer.
Plus d'infos :
The International Fair Trade Association
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