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• Ce rapport du Groupe d’action pour le commerce équitable note 30 détaillants et marques de vêtements sur leur façon de communiquer sur les conditions de travail de leurs fournisseurs.
• Ce sont surtout les entreprises européennes et américaines qui sont les mieux notées.
• Ce rapport montre une amélioration depuis 2005, mais il ne reflète pas véritablement la politique d’achat des marques.
Levi Strauss, Reebok, Adidas, Gap Inc., Nike, H&M, Eddie Bauer, Liz Claiborne et Zara font partie des marques figurant dans le Top 10 des entreprises communiquant le plus rigoureusement et le plus efficacement sur leurs efforts pour atteindre et maintenir des normes du travail reconnues internationalement au sein des usines qui fabriquent leurs vêtements dans le monde entier.
L’étude de l’ETAG, Groupe d'action pour le commerce équitable, qui portait sur 30 marques ou détaillants couronne sans surprises un panel d’entreprises européennes et américaines qui ont obtenu les meilleures notes. Le rapport montre également que ce secteur enregistre globalement des améliorations depuis la dernière étude qui datait de 2005.
C'était pour nous l'occasion d'interpeller Carole Crabbé, coordinatrice de la Campagne vêtements propres et experte des pratiques qui ont cours dans ce secteur « Le véritable intérêt de ce rapport est d’évaluer la progression au sein de chaque entreprise, commente-t-elle. Car comparer la note de Levi Strauss et celle de Zara ne me semble guère intéressant. Savoir si ces entreprises respectent les critères inscrits dans leur code de conduite l’est beaucoup plus. Car ceci devra aboutir à terme sur une réflexion relative à la politique d’achat ».
« Je suis par contre étonnée de constater que Wal-Mart figure en bonne place, alors que cette dernière ne respecte pas les règles internationales d’association syndicale par exemple, poursuit-elle. Derrière ce constat, se pose pour moi la question de la méthodologie utilisée pour réaliser cet exercice de notation. Quelles sont les pondérations employées ? L’exercice est-il entièrement crédible dès lors qu’il repose en partie sur les informations que veulent bien fournir les entreprises ? ».
Ce que relève aussi l’ETAG, c’est qu’aucune des entreprises sondées ne fournit actuellement aux actionnaires et aux consommateurs suffisamment d'informations crédibles et vérifiables pour qu'ils puissent faire des choix éthiques éclairés. D’autres points restent encore à améliorer, notamment en matière d’heures de travail, de salaires ou encore dans la communication aux travailleurs concernés des résultats des vérifications des conditions de travail.
« Ces entreprises dépensent beaucoup de temps et d’argent en audits, mais en réalité, elles ne touchent pas à leur politique d’achat, enchaîne Carole Crabbé. Or, c’est là que la bât blesse. Les pressions sont toujours plus importantes sur les fournisseurs qui, pour respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs clients, finissent par payer de moins en moins leurs travailleurs. Un exemple ? Celui de Levi Strauss qui refuse d’indiquer les critères de salaire minimal dans son code de conduite. Cette entreprise estime que ce point est impossible à atteindre. Mais c’est un argument inacceptable, car c’est un choix de leur part. Le point faible de ce type de rapport est qu’il ne décèle pas ce problème. Je crois qu’il est aujourd’hui plus important de s’attaquer aux politiques d’achat au lieu de s’attarder sur le code de conduite en soi ».
Plus d'infos :
Revealing Clothes Transparency Report Card 2006
Industrie des vêtements et des chaussures de sport : initier le changement ou changer sous la pression ?
Campagne Vêtements Propres
45 heures de travail supplémentaires obligatoires par semaine. Enquête sur les violations des droits des travailleurs dans l’industrie des vêtements et chaussures de sport.
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