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Gouvernance : manière de gouverner… Les patrons ont-ils perdu les bonnes manières que l’on parle tant de Corporate governance (CG) ? L’appellation s’est imposée dans le monde des affaires comme le nouveau concept trendy made in USA. Certes, après les Etats-Unis (Enron…) l’Europe s’est sentie gagnée par la nécessité de réagir à la vague des scandales qui ont défrayé la chronique (Ahold, Parmalat, Lernout&Hauspie, Vivendi…) et continuent de la nourrir chez nous (Picanol…). Sans confondre les origines et les aboutissements de toutes ces affaires, un mot les relie : Corporate governance. Une solution se profile : améliorer la gouvernance de l’entreprise. Déclaration d’intention ou actes concrets ?
« Il faut que cela change », entendait-on après l’affaire Lernout&Hauspie... Il y a 3 ans déjà… Jan Coene, l’ex-CEO de Picanol, dernièrement mis au pilori pour mauvaise gestion, aurait touché selon les sources entre 5,5 millions d’euros net et 22 millions d’euros de salaire sur trois ans. Un raccourci facile qui pose une question centrale : est-ce de la bonne gouvernance ? La question est d’autant plus aiguë que l’homme était presque sacralisé : CEO du fleuron flamand de l’industrie du textile, Président du Conseil d’administration de Belgacom, Président du CA de la Vlerick, business school, une école qui, ironie oblige, est au faîte de la recherche-action en matière de gouvernance.
Aux Etats-Unis, une solution s’est profilée avec le Sarbanes-Oxley Act (SOX), imposant une gestion plus transparente aux CEO et à leurs directeurs financiers. Un Act en cours d’évaluation après deux ans de fonctionnement. Rassurant, un récent sondage démontre un lien entre la performance des actions (share) et les bonnes pratiques de gouvernance. Plus intéressant, l’étude précise que les entreprises américaines obtiennent un score plus élevé que leurs consœurs britanniques et canadiennes. Ces dernières n’étant pas sous le joug du SOX…
Plus près de chez nous, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) actualise ses principes de gouvernance, dont la première version datait de 1999. Chez nous, Maurice Lippens, Président de Fortis, prête son nom à une commission rédigeant, sur une base volontaire, un code de bonne gouvernance pour les entreprises. Le tout, sous le patronage de la FEB, d’Euronext et de la CBAF (Commission bancaire, financière et des assurances). (voir ABN 73)
Explicitement, la Corporate governance ressasse deux thèmes principaux : l’organisation de la décision au sein de l’entreprise et la transparence sur le salaire des patrons. Le premier donne lieu à de multiples publications, codes de conduite, voire une législation organisant la responsabilité des décideurs. Il s’agit là d’examiner le lien entre le pouvoir exécutif d’une entreprise et son conseil d’administration, la présence d’un administrateur indépendant, la transparence de la décision. Une transparence toute relative qui vise surtout à éviter le dérapage d’une seule personne…
Le deuxième thème nourrit les fantasmes et les critiques. Combien gagnent les patrons ? Les émoluments patronaux sont aujourd’hui pressés vers plus de transparence. Certains y voient un moyen de mieux contrôler la stratégie de l’entreprise et de distinguer l’intérêt personnel du dirigeant des intérêts partagés de l’entreprise. D’autres interprètent cette tendance comme un voyeurisme malsain. Le débat n’est pas neuf. L’affaire Picanol le remet au goût du jour. Déjà sous la législature précédente, le prof. Paul de Grauw et le sénateur Van Quickenborne avaient déposé une proposition de loi exigeant que soient rendues publiques les rémunérations des dirigeants et administrateurs de sociétés cotées en bourse. Une proposition aujourd’hui relayée par le sénateur Vankrukelsven.
Adopter une réglementation de ce type irait dans le sens de la proposition de directives européennes, l’une concernant l’aménagement des comptes annuels des sociétés, et l’autre prônant une transparence de la rémunération des dirigeants, à la virgule près que l’Europe s’abstient à ce jour d’inclure dans son coup de force les primes de départs des patrons. Ce sont pourtant elles qui ont souvent fait scandale, en Europe comme aux Etats-Unis…
Agence Alter
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