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• Une étude américaine souligne l’avancée du coton biologique dont les ventes ont plus que doublé depuis 2001.
• Les Etats-Unis sont aujourd’hui les premiers producteurs au monde du coton bio.
• Mais des effets pervers sont à craindre pour les pays du Sud qui développent leurs propres projets bio...
Le coton bio ne totalise que 0,1 % de la production mais il progresse… Victoire du bon sens ? On serait tenté de l’affirmer quand on examine le bilan écologique et sanitaire catastrophique du coton. Avec seulement 3 % des surfaces cultivées, la culture du coton absorbe 25% des insecticides utilisés sur la planète, intoxiquant au passage 1 million de personnes et en tuant, chaque année, 22.000. Sans parler des problèmes d’irrigation : il a asséché la mer d'Aral. L’aspect social de la culture ne vaut guère mieux. Le bio semble la réponse de bon sens, à n’en pas douter.
La problématique serait simple s'il n'y avait la mainmise des Etats-Unis sur la production de coton d'une part et de coton bio d'autre part. Verra-t-on apparaître, pour le coton bio, le même phénomène que pour le coton traditionnel ? Les Etats-Unis ont dérégulé les échanges mondiaux en augmentant leur production et ce, à grand coup de subventions. Les effets de ce dumping ont été durs pour de nombreux pays, notamment, en Afrique de l’Ouest où le coton représente la principale source de devises. Va-t-il se passer la même chose pour le coton bio ?
En cette matière, les déséquilibres de l’offre peuvent s’avérer dangereux et pousser le cours des prix à la baisse. Dans ce cas, des initiatives de développement basées sur la culture biologique du coton et qui donnent pourtant de bons résultats seraient probablement contraintes à l’abandon. Ce qui représenterait une perte sèche pour l'Inde ou l'Afrique dont les projets ont en outre le mérite de se doubler d’une dimension « commerce équitable ».
A l’avenir, l’augmentation des ventes mondiales de coton bio s’accompagnera-t-elle d’une croissance proportionnelle de la production américaine? Vraisemblablement car à court terme, le marché paraît juteux. Dès à présent, Nike arrive en tête des acheteurs de coton bio et s’est engagé à utiliser 100% de coton biologique dès que le marché le permettra. Des marques grand public, ainsi que quelques marques de prêt-à-porter de luxe telles que Stella McCartney lui emboîtent déjà le pas. Et on pressent une augmentation exponentielle des ventes pour les années à venir. Mais pour quelles filières ? Avec quels objectifs ?
Des initiatives telles celles d’Helvetas (Mali, Burkina, Sénégal, Kirghistan) qui misent sur une chaîne allant de la culture de coton jusqu’au vêtement fini dont chaque maille doit obéir aux critères du développement durable et de commercialisation équitable auront-elles encore l’opportunité d’exister face à une machine américaine dopée par les subventions ?
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Helvetas
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