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• La culture du soja au Brésil occasionne de nombreux déséquilibres.
• Cinq grands exportateurs s'engagent à ne plus acheter de grains cultivés sur des terres déboisées.
• Marketing ou réelle volonté d’une culture plus respectueuse ?
Le 24 juillet dernier, Greenpeace annonçait la naissance d’« un moratoire pour une pousse propre du soja » au Brésil, deuxième producteur et exportateur mondial de soja juste derrière les Etats-Unis. Le soja y est la principale culture.
Suite à la crise de la vache folle, qui a abouti à l’interdiction européenne de farines animales dans le bol alimentaire des principaux animaux d’élevages, le succès de cette petite graine d’origine asiatique s’est démultipliée. Avec, à la clé, une série de cataclysmes sociaux et environnementaux : expulsions des paysans de leurs terres, situation d’esclavage pour les paysans, recours massif aux produits chimiques et aux OGM, assassinats d’opposants…
Devant cette situation et suite à des négociations menées avec Greenpeace, les principaux vendeurs de soja et de ses dérivés au Brésil – ADM, Amaggi, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus – viennent de s'engager à ne plus acheter le grain de soja planté sur des terres déboisées.
Le Brésil commencerait-il à céder aux pressions venant d’Europe en faveur d'une production « responsable » de ce grain ? On aimerait y croire. Hélas, la durée de ce moratoire qui est de deux ans, semble déjà le vider de son sens. Le soja n'étant généralement planté que trois ans après le défrichement de la terre. Il doit néanmoins servir, selon le communiqué, de période de transition pour la mise en place d'un dispositif de contrôle visant à aider le gouvernement à faire respecter la loi.
Car tout le problème est là. La forêt amazonienne est d’ores et déjà protégée par un arsenal d’instruments législatifs, mais cet encadrement n’est que théorique et Marina Silva, la Ministre de l’Environnement du gouvernement Lula, a toutes les peines du monde à enrayer l’avancée fulgurante et déstructurante du soja en Amazonie. De manière critique, le quotidien Libération analyse cette situation en pointant du doigt la responsabilité du président Lula qui semble préférer des légalisations provisoires, telles les autorisations d’OGM, et « se mettre à dos l’aile écolo de son gouvernement que de perdre une précieuse source de cash ».
S’il était respecté, ce moratoire balaierait les intentions des industriels du soja brésiliens qui s’étaient fixé, il y a peu, l'objectif d'une augmentation de la production de 70% en accroissant les surfaces de 8 millions d'hectares. Ce qui pose d’ores et déjà la question de la crédibilité dudit moratoire. Celui-ci a cependant le mérite d’exister et d’alerter un peu plus l’opinion publique en Europe. Mais sera-ce suffisant face aux intérêts colossaux liés à cette culture ?
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