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Avec le rachat d’Electrabel par Suez, c’est l’un des derniers fleurons industriels belges qui quitte en quelque sorte le pays. Si pour l’heure, Electrabel s’affiche brillamment sur la Grand-Place de Bruxelles, d’aucuns craignent que d’ici quelques années, le mariage se solde surtout en pertes d’emplois belges.
« Le plan Optimax mis en place par Suez afin d’atteindre une réduction des coûts d’environ 30% d’ici 2006, risque de peser sur l’emploi », s’exclame Filip Baeckelandt, Secrétaire fédéral de la CGSP section Gazelco! « Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que dans le cadre des privatisations d’EDF et de GDF, Suez va certainement s’attribuer une part du gâteau et que même si le groupe n’investit que 10%, il aura alors un potentiel de production suffisant pour alimenter la Belgique et nous risquons encore de vivre des moments difficiles. C’est en revanche tout bénéfice pour la France et n’oublions pas que l’ancien PDG de Suez-Lyonnaise des eaux, Jérôme Monod, est aujourd’hui conseiller de Jacques Chirac. En rachetant Electrabel, c’est la vache et le lait qui disparaissent chez nos voisins! ».
Pour rappel, l’idylle débute en quelque sorte en 1988, lorsque la Compagnie financière de Suez prend une participation majoritaire dans la Société générale de Belgique et, indirectement, dans Tractebel. Dix ans plus tard, Suez Lyonnaise des Eaux possède 99,4% du capital de la Société générale de Belgique, alors que cette dernière détient 100% de Tractebel depuis 2002, ce qui aboutira un an plus tard à la fusion Suez-Tractebel.
Au-delà de cette saga d’achats-fusions, sur le terrain, c’est l’emploi qui trime. Watco (racheté par Sita-Suez), une filiale de Tractebel spécialisée dans l’environnement, a par exemple fondu comme neige au soleil avec une équipe passée d’environ 450 à une petite quinzaine de personnes, en quelques années, alors même que Gérard Mestrallet prône ouvertement le développement des deux pôles clés du groupe: l’énergie et l’environnement! Même scénario chez Fabricom, une autre filiale, également vidée de sa substance.
Du côté d’Electrabel, Filip Baeckelandt, estime que le sujet des pertes d’emplois est particulièrement sensible parmi les cadres, puisque les employés sont davantage protégés par les conventions collectives. La fidélité à Electrabel ne paye pas. Et de rappeler la mise à l’écart de Willy Bosmans, l’ancien patron d’Electrabel, écarté, selon certains, en raison de ses opinions contraires à celles insufflées par Suez. Une expérience qui semble se répéter auprès d’autres cadres, qui n’auraient pas la prudence de rester dans les rangs.
Plus d'infos :
La Tribune. Gérard Mestrallet « Suez est fin prêt pour l'ouverture des marchés de l'électricité»
Suez en Electrabel vormen een groep
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